Rencontre avec Claude RONZEAU le 13 mars 2014
Le montage… une grande affaire !
Nous avons invité Claude Ronzeau pour nous en parler, il a accepté très gentiment et répondu tout de suite à notre appel.
Après une mise en route autour d’un petit café il s’est présenté, a écouté très attentivement nos questions et nous a ensuite expliqué avec précision tout ce que nous souhaitions savoir.
Son Parcours :
École de Vaugirard – Formation de cadreur. Pour des raisons de santé il se dirige vers le montage.
A la sortie de l’école, il entre dans une boîte de production documentaire où il apprend sur « le tas », le montage. Il y restera 1 an.
Ensuite, il est embauché à l’ORTF comme assistant-monteur, métier qu’il exercera pendant 10 ans travaillant surtout sur des fictions.
Il y rencontre Stellio Lorenzi et devient son monteur pendant 10 ans.
Il poursuit son travail de monteur avec le fils, Jean-Louis Lorenzi durant 30 ans.
En 1974, il rentre à la SFP jusqu’à la disparition de cette entité. Il devient alors intermittent du spectacle.
En 1995, à l'arrivée du numérique, il se forme au montage virtuel avec des informaticiens et est guidé dans cette nouvelle approche par une autre monteuse déjà expérimentée.
Sa pratique :
Dans l’ensemble, les réalisateurs sont très possessifs de leurs plans. Avec Jean-Louis Lorenzi, la confiance s'est établie progressivement et Claude Ronzeau pouvait faire alors un premier montage retravaillé en commun par la suite.
Le cœur du métier consiste à :
Remettre les rushes dans l’ordre de la fiction. Le film est prédéfini, le montage le définit.
Éliminer certains plans : quand il y a plusieurs prises, le choix peut se faire sur une prise ou sur une partie de chacune. C'est la scripte qui détermine la longueur du film à travers la longueur des plans.
Les placer dans un ordre, un rythme correspondant aux souhaits du réalisateur et de l’histoire.
Sur les transitions, les séquences doivent être interactives en fonction de la fin et du début de l’une et de l’autre.La difficulté est la cohérence de la valeur des plans qui se succèdent.
La version internationale : c'est la bande son sans les paroles qui seront ajoutées dans la langue voulue. Les bruitages, les ambiances, la musique sont ajoutés en fin de montage par un monteur-son.
Il faut de 15 jours environ pour mixer l’ensemble. On procède par étape et par famille de son : 1°) la bande parole – 2°) les ambiances – 3°) certains bruits qui peuvent manquer, 4°) la musique.
Il faut environ trois mois de montage pour monter une fiction dont le début doit être passionnant pour accrocher le spectateur.
Quand il est passé au numérique, Claude Ronzeau a utilisé le logiciel Lightwork. L'arrivée du virtuel a permis de garder une image intacte, de ne plus avoir de chutier.
Claude Ronzeau a monté une moyenne 4 à 5 films par an et le bilan en fin de carrière est d'environ de 120 films d'une heure trente, dont :
Les sagas d’Hervé Baslé dont « Les maîtres du pain » pour lequel Claude Ronzeau a reçu le Sept d’Or du montage
Cyclo de Tran Ahn Hung, le film (en globalité) a reçu le Lion d’Or à Venise et le Prix de la Critique en 1995
Les films de Jean-Louis Lorenzi
La vie de famille de Jacques Doillon, etc…
Sont ensuite arrivés les TP…
Oeil et oreille du professionnel en alerte, il a pointé d’emblée qualités et problèmes des courts métrages visionnés.
Nous remercions Claude Ronzeau de nous avoir donné de son temps et fait partager un peu de son savoir. Mais comme nous sommes insatiables nous attendons avec impatience la prochaine séance pendant laquelle il nous livrera les secrets de montage de « La tranchée des espoirs » film de Jean-Louis Lorenzi.